Originaire d’Europe orientale, le sandre est un percidé d’eau douce aux canines acérées dont la chair est particulièrement appréciée des pêcheurs français. Il est donc assez recherché. Personnellement, je n’en ai jamais conservé, l’idée de transporter un poisson mort dans un sac à dos ne m’ayant jamais réellement enthousiasmé.
Avec ses flancs clairs, sa robe grise et ses rayures sombres sur le dos, le sandre possède une apparence que je qualifierais sans hésiter "d'administrative".
Il s’agit d’un poisson de fond que je capturais régulièrement entre 4 et 10 mètres de profondeur lorsque je pêchais en float-tube. Le principe était relativement simple : avec une canne dédiée à la verticale, laisser descendre un leurre souple jusqu’au fond, le remonter de quelques centimètres puis maintenir une dérive lente en palmant doucement, tout en « lisant » le fond à la recherche de cailloux, cassures et autres postes d’embuscade. Le sandre passe généralement son temps immobile derrière les rochers des lacs, étangs et rivières lentes. Il ne faut pas trop lui en demander : il ne possède ni l’agressivité d’un Payara, ni les capacités athlétiques d’un Dorado.
Ses yeux disproportionnés lui permettent de distinguer ses proies dans la pénombre des profondeurs. Durant la période de fraie, il se rapproche des bordures et devient soudainement beaucoup plus nerveux, notamment lorsqu’il protège son nid. Mais il est alors également beaucoup plus vulnérable et se laisse prendre bêtement.