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Esox
lucius

Esox lucius
Esox lucius

Il y a quelques années, on pouvait encore prendre de beaux brochets dans la Garonne, en plein centre de Toulouse.

Les passants s’arrêtaient. Certains poussaient un cri. Puis ils s’approchaient pour regarder le poisson. Ils me posaient des questions. Je répondais.

Je ne sais pas si cela est encore possible en 2026.

À l’époque, je voyais le brochet urbain comme une quête secondaire. Il fallait seulement décider de la faire. Cela demandait quelques jours de congé et un peu de patience.

En hiver, je me levais avant le jour. Il faisait froid sur les quais. Je marchais le long de la Garonne et je pêchais les bordures de la Daurade, puis sous les ponts. L’eau était opaque et couleur de café.

Souvent, il ne se passait rien.

Alors je revenais.

Je marchais encore quelques kilomètres. Je lançais aux mêmes endroits. Il y avait le vent, le froid, les passants et leurs questions. Parfois plusieurs heures passaient sans une touche.

Puis, un matin, un brochet mordait.

Je le sortais de l’eau. Les gens s’approchaient. Quelqu’un prenait la photo.

J’avais mon brochet urbain.

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