Il y a quelques années, on pouvait encore prendre de beaux brochets dans la Garonne, en plein centre de Toulouse.
Les passants s’arrêtaient. Certains poussaient un cri. Puis ils s’approchaient pour regarder le poisson. Ils me posaient des questions. Je répondais.
Je ne sais pas si cela est encore possible en 2026.
À l’époque, je voyais le brochet urbain comme une quête secondaire. Il fallait seulement décider de la faire. Cela demandait quelques jours de congé et un peu de patience.
En hiver, je me levais avant le jour. Il faisait froid sur les quais. Je marchais le long de la Garonne et je pêchais les bordures de la Daurade, puis sous les ponts. L’eau était opaque et couleur de café.
Souvent, il ne se passait rien.
Alors je revenais.
Je marchais encore quelques kilomètres. Je lançais aux mêmes endroits. Il y avait le vent, le froid, les passants et leurs questions. Parfois plusieurs heures passaient sans une touche.
Puis, un matin, un brochet mordait.
Je le sortais de l’eau. Les gens s’approchaient. Quelqu’un prenait la photo.
J’avais mon brochet urbain.
A few years ago, it was still possible to catch northern pike in the Garonne right in the centre of Toulouse, under the surprised gaze of passers-by who would immediately come closer to get a better look at the fish. I doubt this is still really the case today, as it has been a long time since I last saw anglers around the Port de l’Embouchure, whereas they used to be quite numerous back then.
Back then, getting your urban pike photo felt like a classic side quest.
You really had to want it: waking up before sunrise in the middle of winter, chaining sessions together for several days in a row, walking kilometres along freezing quays, methodically fishing the banks near La Daurade, insisting beneath the bridges despite the cold, the wind and the endless hours without a single bite, casting over and over again into opaque coffee-coloured water… until finally obtaining the precious reward.
Hace algunos años todavía era posible capturar lucios en el Garona, en pleno centro de Toulouse, bajo la mirada sorprendida de los transeúntes, que se acercaban inmediatamente para observar el pez más de cerca. Dudo que siga siendo realmente así hoy en día, ya que hace mucho tiempo que no veo pescadores por la zona del puerto de l’Embouchure, aunque antiguamente eran bastante numerosos.
En aquella época, conseguir tu foto de lucio urbano era prácticamente la típica misión secundaria.
Realmente había que querer intentarlo: levantarse antes del amanecer en pleno invierno, encadenar sesiones durante varios días seguidos, caminar kilómetros a lo largo de los muelles helados, pescar metódicamente las orillas de La Daurade, insistir bajo los puentes pese al frío, el viento y las interminables horas sin una sola picada, lanzar una y otra vez en un agua opaca color café… hasta acabar consiguiendo el preciado trofeo.