samedi 10 juillet 2010

Gitan Military Fishing Style

A l'horizon, une petite 206 est passée et j'en ai deviné la tache noire au bord de mon regard, parce que je n'avais pas cessé de regarder le bass. J'ai pensé que je n'aurais qu'à me saisir de mon Worm Hassun et ce serait fini. Mais toute une plage vibrante de soleil se pressait derrière moi. J'ai fait quelques pas vers la petite arrivée d'eau. Le Bass n'a pas bougé. Malgré tout, il était encore assez loin. J'ai attendu. La brûlure du soleil gagnait mes joues et j'ai senti des gouttes de sueur s'amasser dans mes sourcils. A cause de cette brûlure que je ne pouvais plus supporter, j'ai fait un mouvement en avant. Je savais que c'était stupide, que je ne me débarrasserais pas du soleil en me déplaçant d'un pas. Et cette fois, le bass avait esquissé un mouvement, il m'avait vu. Au même instant, la sueur amassée dans mes sourcils a coulé d'un coup sur les paupières et les a recouvertes d'un voile tiède et épais. Mes yeux étaient aveuglés derrière ce rideau de larmes et de sel. C'est alors que tout a vacillé. Le lake a charrié un souffle épais et ardent. Il m'a semblé que le ciel s'ouvrait sur toute son étendue pour laisser pleuvoir du feu. Tout mon être s'est tendu et j'ai crispé ma main sur ma rod. D'un geste rapide j'expédiais le Hassun à une vingtaine de mètres de là. Une petite dizaine de secondes plus tard je tenais mon lunker.



C'était le même soleil, la même lumière sur le même lake qui se prolongeait ici. Il y avait déjà deux heures que la journée n'avançait plus, deux heures qu'elle avait jeté l'ancre dans un océan de métal bouillant. Les baby bass dansaient devant nos yeux, dans l'air enflammé. Thomas allait tirer son épingle du jeu avec un joli 50up, rapidement imité par Benji (photos à venir).